Martin Jubinville : Lorsqu’on a revu les fonctions de l'accompagnement critique en 2023-2024, on a ajouté une fonction en lien avec le questionnement des rapports de pouvoir. À ce moment-là, je me souviens d’avoir partagé à l’équipe Accompagnement que je ne me sentais pas outillé pour aborder ce sujet. Par la suite, on a donc suivi une formation avec Maude Chalvin puis choisi d’explorer la thématique des rapports de pouvoir dans le cadre des protéquipes1.
Violaine Guérin : L'idée de créer une formation a émergé au fil de nos discussions au sein de la protéquipe. En parallèle, on constatait que la question des rapports de pouvoir prenait de plus en plus de place dans nos accompagnements et que les polarisations, ou en tout cas les situations de tension, devenaient plus perceptibles au sein des collectifs. Des rapports de force pouvaient parfois s'installer et l'équipe Accompagnement a ressenti le besoin de s'outiller pour pouvoir faire face à ces situations et accompagner les collectifs le plus adéquatement possible.
Créer une formation nous semblait la voie de passage à privilégier pour rejoindre les personnes qui vivent ce genre de situation, mais qui ne nous interpellent pas forcément pour les accompagner. Sans compter que la formation demeure notre stratégie de prédilection pour partager nos réflexions et nos expérimentations.
Agnès Barthélémy : J’ajouterais qu’il y a eu un moment, quand on travaillait en protéquipe, où on s’est questionné sur notre « héritage » : on voulait honorer ce temps d’exploration et en garder des traces. Le format de la formation nous semblait cohérent, car on allait pouvoir regrouper nos apprentissages et les partager à l’externe. On savait qu’ils nourriraient notre posture et nos accompagnements, mais on voulait qu’ils aient une plus grande portée.
1 Pendant six mois, la démarche des protéquipes (une contraction de « prototypage » et « équipe ») a permis aux équipes de Communagir et de l’Opération veille et soutien stratégique (OVSS) d’expérimenter en sous-groupe des processus de mobilisation collective des connaissances en lien avec cinq thématiques, dont les rapports de pouvoir.