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Retour sur la Journée des savoirs ouverts

Le 15 octobre dernier, Léna, Violaine, Élodie et Olivier ont retrouvé Katherine, du projet partenarial OVSS, au Centre des sciences de Montréal pour participer à la 4e édition de la Journée des savoirs ouverts, organisée par Projet collectif. Une tradition pour certain·es, une première pour d’autres, l’événement a dans tous les cas constitué une précieuse opportunité d’écouter, d’échanger, de coconstruire et de repartir avec des pistes porteuses en termes de renouvellement de pratiques et de mobilisation des connaissances. 

Le mot d’ouverture prononcé par Sarah Berkane et Vincent Chapdelaine, qui partagent la direction générale de Projet collectif, a été l’occasion de rappeler plusieurs éléments contextuels importants et de positionner l’événement :

« Il est temps de changer de paradigme pour bâtir une infrastructure collective de mise en commun. » 

« Il nous faut prendre soin de nous et de nos relations pour pouvoir prendre soin de nos projets et de nos organisations. »

« Les savoirs ouverts sont indissociables de la collaboration ouverte. »

« Les plus grands atouts que nous possédons sont ceux que l’IA ne possède pas : l’empathie, la bienveillance, l’intelligence collective. »

« Passons à l’action tout en mettant nos limites et faisons de notre mieux. »

Positionnalité, biais et savoirs situés

À la fois ludique et porteur de profondes introspections sur notre propre positionnalité, l’atelier Le fruit que tu crois voir, animé par Ingrid Enriquez-Donissaint du Studio Pre&ent, a profondément marqué Katherine.

Il lui a permis d’explorer ses propres biais et la manière dont ils peuvent s'activer dans ses relations avec les autres... Par exemple, leur offre-t-elle un espace où toutes les réponses peuvent être accueillies, et pas seulement celles qu’elle aimerait entendre?

Mettre en lumière sa positionnalité lui permet de voir quelles activations systémiques sont en jeu dans ses interactions et d’être dans une meilleure posture pour déconstruire les systèmes d’oppression qui se reproduisent en elle. Une expérience éclairante et cohérente avec les travaux actuels de l’OVSS sur les perspectives décoloniales et les rapports de pouvoir.

Lire l’article complet de Katherine

Accessibilité et inclusion

De son côté, Élodie a volontairement choisi de participer aux activités en lien avec le langage clair, les rapports de pouvoir, l’accessibilité et l’inclusion, des thèmes d’une grande pertinence pour sa fonction de chargée de la valorisation et du partage de connaissances. Elle repart de sa journée avec quatre clés de compréhension importantes :

  1. Le système éducatif constitue un frein à l’utilisation du langage clair — qui devrait être pertinent, facile à trouver, compréhensible et utilisable — dans la mesure où il favorise une posture de démonstration où on fait étalage de ce qu’on sait (et donc de notre statut social) plutôt que d’encourager la sobriété et de privilégier l’impact des communications.

Dans ce contexte, plusieurs pistes de solution ont émergé au sein du groupe :

    • Garder en tête nos intentions et objectifs de communication initiaux;
    • Réfléchir à ce que l’Autre a besoin de savoir (et non à ce qu’on veut absolument dire) et aux conditions qui lui permettront d'accéder, de comprendre et de s'approprier les contenus;
    • Identifier les niveaux de complexité du propos et les meilleurs formats/modalités d’expression pour les traduire afin de construire des « couches de sens » accessibles à différents profils de personnes;
    • Penser les contenus pour qu’ils soient autosuffisants, c'est-à-dire pour que leur compréhension et leur appropriation ne dépendent pas d'actions et de ressources complémentaires.
  1. Le cadre de l’impact collectif peut permettre de faire cohabiter et de composer avec des réalités et des niveaux de pouvoir différents.
  2. L’accès aux connaissances et aux ressources (physiques, technologiques, financières, etc.) s’avère un enjeu déterminant puisqu’au cœur de la dynamique entre la personne qui opprime et la personne opprimée. À cet égard, il peut s’avérer pertinent de se rappeler la différence entre un avantage et un privilège, qui est en fait un avantage utilisé pour renforcer une dynamique d'oppression.
  3. La neuroinclusion — qui consiste à coconstruire des environnements inclusifs avec les personnes neurodivergentes ou en situation de handicap — vise le déploiement de stratégies et la mise en place de conditions qui permettent à toutes et tous d’accéder, de comprendre et d’intégrer les savoirs. Au lieu d'investir d'importantes ressources dans l'ajustement de ce qui existe, on gagnerait à consulter et à coconstruire des solutions avec les personnes concernées afin de tenir directement compte de leurs besoins. Cette approche souligne l’importance du soutien collectif pour que chaque personne puisse faire valoir ses forces individuelles et atteindre ses objectifs, en plus de viser l’élimination des obstacles à l’équité.
À la croisée des arts et des sciences

La Journée des savoirs ouverts a permis à Olivier de s’ancrer dans une culture de partage, d’inspiration et de renouveau. Il a notamment pris part à l’activité Perspective croisée — À la croisée des arts et des sciences, où il a découvert une nouvelle manière d’appréhender sa fonction d’agent de soutien en développement collectif. 

L’utilisation de trois médiums artistiques différents pour parler, promouvoir, illustrer et vulgariser la science se trouvait au cœur de la discussion sur la perspective croisée. Les représentations graphiques et artistiques de l’évolution du microbiote cutanée (François-Joseph Lapointe), l’immersion en réalité virtuelle du vécu d’une personne autiste (Martine Asselin) et l’art circassien comme moyen de démocratiser des réalités rurales (Julie Théberge) ont tous trois démontré la puissance et le potentiel de l’art pour expliquer des concepts et des phénomènes complexes à un large public.

Au fil des échanges avec les invité·es, il est devenu clair qu’il est préférable de mettre de côté les préoccupations liées à l’esthétisme et à la culture du beau et du parfait dans la réalisation d’un travail collectif. Le sens, l’intentionnalité et l’intégration des parties prenantes à l’ensemble du processus artistique semblent en effet de plus grands vecteurs de transformation. Un important changement de paradigme pour Olivier, qui retient :

  • D’accompagner le changement collectif en misant sur le sens plutôt que sur l’impact visuel des outils;
  • De diversifier les moyens et les médiums qui soutiennent le travail collaboratif;
  • De résister aux pressions induites de la société de performance sur l’esthétisme des productions diffusées.
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