L'une des idées fortes du concept de robustesse est que le vivant ne cherche pas la performance maximale. Il fonctionne plutôt à travers des cycles, des phases de croissance, de ralentissement, de transformation, voire de disparition.
Cette idée fait écho à un outil que nous utilisons régulièrement dans nos accompagnements : l'écocycle.
L'écocycle nous invite justement à reconnaître que tout projet, toute initiative, toute organisation traverse différentes phases. Certaines idées émergent, d'autres se développent, certaines atteignent leur maturité et d'autres doivent être transformées ou laissées derrière nous pour permettre l'émergence du nouveau.
Pourtant, dans nos milieux comme dans nos organisations, nous résistons souvent à cette réalité. Nous cherchons à maintenir les choses en mouvement coûte que coûte : maintenir en vie des projets, des structures ou des façons de faire qui ont parfois déjà accompli leur rôle. Nous associons facilement la fin d'une initiative à un échec plutôt qu'à une étape normale du cycle de vie.
La robustesse nous invite peut-être à changer de regard. À accepter que le mouvement, la transformation et parfois même la disparition font partie du vivant. À reconnaître que ce n'est pas parce qu'une chose se termine qu'elle n'a pas eu de valeur.
Cette réflexion m'amène à me demander : dans nos organisations et nos espaces collectifs, où sommes-nous encore dans une logique de croissance ou de performance continue? Quels espaces, projets ou façons de faire auraient besoin d'être transformés, ralentis ou même laissés derrière pour permettre l'émergence de nouvelles possibilités?