Préparation
En fonction de la composition du groupe et des sujets précédant l’activité, il peut être pertinent de prendre un temps d’ancrage avant de débuter afin de permettre aux gens de se détacher de leurs préoccupations actuelles pour mieux se projeter dans l'avenir.
Différentes techniques peuvent être utilisées pour créer une atmosphère propice à la prospective : un changement dans l’aménagement de l’espace, un mouvement corporel, de la musique, un temps de silence, etc.
1 - Ouvrir la porte sur l’avenir - 5 à 10 min.
Invitez les personnes participantes, individuellement ou en grand groupe, à se projeter plusieurs années dans le futur. Pour ce faire, vous pouvez leur proposer de réfléchir aux changements qui se seront opérés durant ces années :
Qu’est-ce qui a changé autour de nous quand on pense aux…
- Manières de travailler?
- Besoins des populations?
- Habitudes de vie?
- Technologies?
- Manières de collaborer
- Enjeux sociaux, économiques ou environnementaux?
- Etc.
L’objectif n’est pas de prédire l’avenir, mais de légèrement desserrer l’emprise du présent pour ouvrir le champ des possibles.
À garder en tête : Il n’est pas nécessaire d’être d’accord sur ce qui arrivera. L’important est de faire émerger suffisamment de matière pour pouvoir ensuite imaginer l’évolution du collectif et ses accomplissements.
2 - Écrire depuis le futur - 25 à 30 min.
- Formez des petits groupes de 3 à 6 personnes.
- Invitez chaque groupe à imaginer qu’il se trouve cinq ans plus tard.
Quelque chose d’important s’est produit. Notre collectif a réussi à faire avancer les choses et peut regarder le chemin parcouru avec fierté.
- Chaque groupe doit maintenant agir comme un écrivain du futur. Pour faciliter l’exercice, il est possible de destiner la lettre à une personne qui fait actuellement partie de l’organisation ou du collectif.
La consigne pourrait être :
« Nous sommes en [5 ans plus tard]. Écrivez une lettre à une personne qui est aujourd’hui parmi nous pour lui raconter ce qui s’est passé au cours des cinq dernières années. Racontez-lui ce que nous avons réussi à accomplir, comment nous y sommes parvenu·es et ce que cela a changé. »
Encouragez les groupes à raconter une histoire plutôt qu’à produire une liste d’objectifs. Pour les aider, vous pouvez leur proposer les questions suivantes :
- Qu’avons-nous réussi à accomplir?
- Qu’est-ce qui a réellement changé?
- Qu’avons-nous fait différemment pour y arriver?
- Quels obstacles avons-nous rencontré?
- Comment les avons-nous traversés ou surmontés?
- Qu’avons-nous appris en chemin?
- Qu’est-ce que cette transformation a rendu possible pour les personnes, les organisations ou le territoire?
- Qu’est-ce qui génère de la fierté?
- Qu’avons-nous dû commencer à faire, arrêter de faire ou faire autrement?
Les groupes n’ont pas à répondre à toutes les questions. Elles sont là pour nourrir leur récit.
Le petit plus : Invitez les groupes à écrire comme si les changements s’étaient déjà produits. Cela favorise des descriptions plus concrètes et permet de dépasser les formulations générales du type « nous souhaitons améliorer ».
3 - Faire entendre les futurs imaginés - 20 min.
Chaque groupe lit sa lettre. Pendant les lectures, invitez les autres personnes participantes à écouter en gardant cette question en tête : « Que nous révèle cette lettre sur ce qui compte pour notre avenir? ».
Après chaque lecture, demandez au groupe de relever les éléments qui lui semblent particulièrement significatifs. Vous pouvez noter au fur et à mesure les thèmes, changements ou aspirations qui émergent.
Par exemple :
- Une collaboration différente entre les acteur·rices.
- Une plus grande capacité d’agir collectivement.
- Des relations plus solides.
- Une meilleure place accordée aux personnes concernées.
- Des façons de faire plus cohérentes.
- Une transformation des pratiques ou de la gouvernance.
Après chaque partage, invitez brièvement le groupe qui a écrit la lettre à réagir :
- Qu’est-ce qui vous surprend dans ce que les autres ont retenu?
- Y a-t-il quelque chose d’important que vous auriez aimé qu’on remarque?
L’objectif n’est pas d’évaluer les récits, mais de commencer à identifier ce qui se répète, ce qui se complète et ce qui ouvre de nouvelles pistes.
4 - Faire émerger une vision commune - 20 à 30 min.
À partir des thèmes qui se dégagent, invitez l’ensemble du groupe à prendre un pas de recul.
- Qu’est-ce que toutes ces lettres semblent avoir en commun?
- Qu’est-ce que cela nous dit de l’avenir que nous souhaitons construire?
Regroupez les thèmes qui se ressemblent et faites ressortir quelques grandes aspirations. Vous pouvez ensuite inviter les personnes participantes à prioriser les éléments qui leur semblent les plus importants. Une question simple peut suffire :
« Parmi toutes les transformations possibles, lesquelles semblent compter le plus pour nous dans cinq ans? »
À partir de ces priorités, le groupe peut commencer à formuler une vision commune. Il n’est pas nécessaire de chercher immédiatement la formulation parfaite; il peut être plus utile de faire ressortir quelques repères communs pour l’avenir.
La lettre du futur est une activité en soi, qui peut aussi servir de point de départ à une démarche plus approfondie. À partir des éléments retenus, vous pourriez poursuivre avec des questions comme :
- Qu’est-ce qui doit commencer à se passer dès maintenant pour que ce futur devienne possible?
- Sur quoi avons-nous réellement du pouvoir?
- Qu’est-ce qui pourrait nous empêcher d’avancer?
- Quels premiers petits pas seraient réalistes?
- De quoi aurions-nous besoin de la part des autres?
Ces questions permettent de faire le passage entre l’avenir souhaité et les actions à poser dans le présent.